木版画  moku hanga

impression sur bois au Japon

 

Le processus technique de fabrication de l’estampe japonaise, appelé moku-hanga, comportait, durant les époques Edo (1603-1867) et Meiji (1868-1912), trois savoir-faire sollicitant un artiste, un atelier de gravure et un atelier d’impression travaillant en collaboration sous la direction d’un éditeur.

 

Artiste:

Tout d’abord, une peinture ou un dessin dont les lignes et les masses définissent la composition est exécutée sur un papier fin (hanshita-e 版下絵).

 

Graveur:

Confié à l’atelier de gravure, ce dessin est collé à l’envers et de façon définitive sur une planche de bois (hangi) de sorte qu’à l’impression l’épreuve obtenue apparaisse à l’endroit. Généralement le bois utilisé pour ces planches taillées dans le fil est le cerisier (yama-sakura).

La planche est ensuite incisée en suivant les contours des tracés à l’aide d’un couteau de détourage (hangitō). Puis les fonds sont dégagés afin de préserver les tracés en relief avec des ciseaux de différentes tailles et un maillet (kizuchi).

Le résultat obtenu est la « planche maîtresse » (omoban 主版) comportant deux repères de calage ou kento. Un jeu de feuilles est imprimé avec cette matrice en fonction du nombre de couleurs ou des effets voulus. De même que pour le tracé du dessin original, ces feuilles sont collées sur de nouvelles planches de bois qui sont gravées à leur tour. Ces planches gravées révèlent d’autres reliefs nécessaires au tirage final.

 

 

Imprimeur:

L’ensemble des planches est confié à l’atelier d’impression qui prépare les couleurs et les feuilles de papier (washi) avant de commencer le tirage. Chacune des couleurs est élaborée à base d’eau et de pigments, l’humidification du papier se fait avec une brosse à eau (mizu-bake). Lorsque ces éléments sont prêts, l’impression ou tirage peut commencer, c’est-à-dire la réalisation successive sur une même feuille de l’impression de chaque couleur en partant du plus claire vers le plus sombre. La feuille est positionnée sur la planche grâce aux deux kentō, et pressée avec un tampon (baren)

Le résultat obtenu après l’impression de l’ensemble des couleurs est une estampe polychrome pouvant comporter des effets sophistiqués comme les dégradés de couleur (bokashi), le gaufrage (kara-zuri), l’ajout de pigments métalliques, l’ajout de poudre de mica (kira-zuri), l’aspect laqué (urushi-e), le lustrage (shomen-zuri), le grain du bois (mokume-zuri)…

 

 

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